1) A l'origine, une femme.

Une citation de l'académicien Maxime du Camp situe assez justement l'origine de l'Association des Dames du Calvaire. "Je ferai remarquer que ces créateurs d'institutions bienfaisantes, de maisons de refuge pour les malheureux, les enfants estropiés, les vieillards délaissés, pour les incurables, sont des gens qui ont souffert et que la vie a broyés. L'œuvre des Dames du Calvaire est née de la douleur d'une veuve" .

En effet, Jeanne-Françoise CHABOD, née à Lyon le 17 Juin 1811 de parents petits commerçants, épouse Jean-Etienne GARNIER le 7 Juillet 1832 selon Jeanne Ancelet-Hustache, en 1830 selon Maxime du Camp. Ce qui est sûr, c'est que le 11 Septembre 1835, Jeanne GARNIER-CHABOD se retrouve veuve et elle a perdu ses deux jeunes  enfants. La douleur est grande, on peut le comprendre, violente même. "Pour se calmer, elle regarde le crucifix qui a soutenu l'agonisant, mais bientôt sa douleur éclate, plus aigüe. Elle vit parmi les objets qui ont appartenu au mort pour se donner encore l'illusion d'une présence … Rien ne l'intéresse que son chagrin. Tous les jours elle monte au cimetière de Loyasse … et elle avouera plus tard qu'elle traversait le pont en courant, poursuivie qu'elle était par la pensée de se jeter dans le fleuve" .

C'est de cette douleur qui paraissait insurmontable que va naître l'œuvre encore vivante aujourd'hui. Peu à peu l'activité et la prière dont elle a retrouvé le chemin vont lui permettre de s'ouvrir aux autres. Impulsive et généreuse, Madame Garnier ne déviera plus de la voie qu'elle a choisie, dans la confiance redonnée : visiter les pauvres, quêter et travailler pour eux